jeudi 5 mars 2015

La croisée des chemins - Nuuk

1543e jour - Elle s’apprête à prendre à gauche, vers chez elle, alors que lui ira tout droit. C’est ici, au rond-point, chaque soir ou presque depuis deux ans qu’ils se quittent de retour du boulot. Mais aujourd'hui l’instant est solennel : c’est sans doute la dernière fois qu’ils se séparent ainsi.
Demain, plutôt que d’aller travailler, elle grimpera dans un avion. Reykjavik d’abord pour trois jours puis New York pour bientôt travailler dans une galerie hyper hype de Manhattan. Elle ne pense pas revenir jamais à Nuuk – pas assez d’attaches. Et lui ne se voit pas vivre loin d’ici.
Ils ne savent trop quoi se dire – tout a été dit dans les heures qui ont précédé. Ils ne savent pas à quel point ils doivent manifester d’affection : une bise ? une accolade ?
Il imagine lui serrer fort les poignets au moment de l’au revoir.
Il aimerait aussi, dans un geste fou, lui dire qu’il l'aime mais il sait déjà qu’il n’osera pas. Il se contentera de se retourner, pour la voir disparaître derrière le premier immeuble. Il sait que ça ne durera pas longtemps, qu’elle marchera d’un bon pas : sa vie est ailleurs.

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mercredi 4 mars 2015

La douce attente - Nuuk


1542e jour - Il est tombé des frimas dans la nuit.
Parfois se devine le soleil, bas, au-delà de la brume : cercle livide sur fond gris-blanc.
Les sons semblent étouffés. Le temps est suspendu.
Ce soir, il va neiger, vraiment, abondamment. Demain, tout sera blanc.

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mardi 3 mars 2015

Un article épatant



1541e jour - Lecture de Mouvement, numéro 76, actuellement en kiosque. L’article est titré “Voir Rome et passer à autre chose”, il est signé Stéphanie Vidal. Il est accompagné d’une page de Thomas Cardin sur la cartographie sonore.
Extrait :
En 2007, afin de compléter ses services Earth et Maps, la compagnie la plus influente du monde a lancé la fonctionnalité Google Street View ; une carte dynamique constituée de photographies prises aux abords des routes par les Google Cars. Avec leurs neuf lentilles installées en haut d’un mât, elles ne cessent d’arpenter tous les chemins praticables et scannent le monde à 360° pour que l’on ne s’y perde jamais.
Le rêve de Jorge Luis Borges d’une carte à l’échelle 1 se concrétise alors dans une Map à l’échelle de chacun. Puisque nous n’avons plus à en définir les contours, nous sommes conviés, avec nos appareils constamment connectés, à en renseigner les informations manquantes…
Voilà. La problématique est posée. Au fil du texte, il est question de Jon Rafman, le pionnier, de Dreamlands Virtual Tour, d’Éclats d’Amérique, du travail de Caroline Delieutraz, de Gwenola Wagon, de Camille Henrot, de Corinne Vionnet ou des designers lettons Mareunrol’s.
C’est bien écrit, c’est intelligent. Bref, c’est épatant.
Mouvement, numéro 76 est actuellement en kiosque !

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lundi 2 mars 2015

Fatras - Nuuk





1540e jour - Une bonne partie de l’année, tout cela est couvert de neige et l’impression est toute autre : les angles droits disparaissent sous le manteau, et les amoncellements, la rouille, le bruit visuel ; le paysage n’est plus qu’une suite de douces courbes blanches. Seuls émergent parfois, par le jeu des congères, un bout de container ou l’arrondi d’un touret.

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dimanche 1 mars 2015

Evergreen - Nuuk



1539e jour - Je me réjouis de tomber sur un container Evergreen (toujours vert) dans le port de Nuuk, capitale du Groenland (terre verte)
Je me réjouis également de découvrir, me documentant, que le Groenland s’appelle “Terre verte” par une sorte de coup marketing d’Erik le Rouge exilé ici après une sombre histoire de meurtre et qui baptisa ainsi le territoire dans l’espoir de convaincre de potentiels colons de le rejoindre.

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samedi 28 février 2015

Imagine-t-on ? - Nuuk






1538e jour - Imagine-t-on pareils paysages quand on pense “Groenland” ? Certains, sans doute, y arrivent très bien. Pas moi.

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vendredi 27 février 2015

Sous d’autres cieux (11) - Kanalnaya

1537e jour - Le voyage du jour est délocalisé. C’est ici, si ça vous chante, que vous pouvez le retrouver : Unidivers, le webzine culturel de Rennes.

Rappel : depuis septembre dernier, tous les quinze jours, mon périple prend la forme d’une chronique sur Unidivers le long d’un fil (presque) imaginaire : le 48e parallèle Nord (j’ai déjà visité Rajka en Hongrie, Esquibien, Finistère ou Makarov sur l’île de Sakhaline ; difficile de dire où je serai la prochaine fois)…

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jeudi 26 février 2015

Inventaire - Ljubljana

1536e jour - Pour bien faire, il faudrait que j’entreprenne la liste des posts, pour ne pas me répéter, que je devrais dorénavant m’interdire : les errances dans les pas de Modiano, les considérations sur la marge, la périphérie, les réflexions sur les bas-côtés des rues, des routes, des trottoirs…  En bonne place, figureraient sans doute aussi les dissertations sur ce que l’on perçoit d’une cité quand on l’observe d’un promontoire – un texte où il serait fait mention de la rumeur de la ville, comme un murmure.

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mercredi 25 février 2015

La femme sur le banc - Ljubljana

1535e jour - Quand je l’ai aperçue, je me suis dit que j’allais écrire un texte sur une femme en train de lire, assise sur un banc, vue d’abord de dos (je pouvais imaginer toute une histoire)… Et puis, je me suis dit que cette histoire-là, j’avais déjà dû l’écrire… Je me suis contenté de prendre une photo. J’ai passé mon chemin.

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mardi 24 février 2015

50 shades of grey - Ljubljana







1534e jour - L’immeuble, dès que je l’ai aperçu, je ne saurais dire pourquoi – peut-être parce qu’il semblait squatté, abandonné – m’a fasciné. J'ai tourné autour, longuement, le photographiant sous tous les angles.
À la radio, comme en surimpression, passait une émission centrée sur 50 Shades of Grey, le film. Une bande de journalistes moqueurs, et pour une fois d’accord entre eux évoquaient toute l’insipidité de la chose. Et moi, tout en les écoutant d’une oreille, j’essayais de voir au-delà de la poussière sur les vitres, espérant secrètement surprendre un couple affairé qui aurait éclairé les propos des critiques d’un jour nouveau.
Je n’ai rien vu. Il n’empêche : le bâtiment pour moi maintenant restera définitivement associé au film.

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lundi 23 février 2015

Le visage flou de Joe Cocker - Ljubljana


1533e jour - Dans la Ljubljana que j’ai traversée, Joe Cocker était encore vivant – il s’apprêtait à donner un concert. Mais ses traits déjà s’effaçaient. Joe Cocker, en réalité, n’était plus qu’un fantôme…
Joe Cocker, 20 mai 1944 - 22 décembre 2014

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dimanche 22 février 2015

À la demande d’Ana - Ljubljana







1532e jour - Ana, qui est slovène et que j’ai rencontrée il y a peu, m’a demandé : Mais alors, tu vas partout dans le monde ? C’est dingue ! Et tu es déjà allé à Ljubljana ?
D’un signe de tête, j’ai signifié que non, pas encore. Alors, elle s’est empressée d’ajouter : Et tu irais pour moi, pour voir. Je suis curieuse de voir ce que tu en ramènerais.
Rentré chez moi, plus tard, j’ai réalisé – comment avais-je pu oublier ? – que j’avais déjà passé une petite semaine dans la capitale slovène. J’ai failli prévenir Ana de cet incroyable oubli. Et puis, je me suis dit que non, que de toute façon la Ljubljana que j’avais jadis visitée ne pouvait en aucun cas être semblable à celle que je croiserais maintenant que je la connais, elle. J’ai décidé d’aller voir.

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