dimanche 19 octobre 2014

Ici aussi - Buenos Aires




1410e jour - Me promenant sur le port, je m’attendais à trouver le tumulte d’une vie grouillante. Je ne peux pas dire qu’il n’y avait pas de mouvement mais quand même l’agitation était bien moindre que ce que j’avais espéré.
C’est en partant – du côté du terminal 5 – que je suis tombé sur la banderole qui disait : 10.000 familias esperan que el puerto continue

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samedi 18 octobre 2014

Mots croisés - Buenos Aires









1409e jour - Sur des affiches, sur des devantures de théâtres, des bus, des enseignes, des murs… et, inversé, dans le reflet de l’une des fenêtres de l’hôtel Ibis de l’avenida Corrientes, que je mets un temps fou à déchiffrer, le mot : “Personal”.

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vendredi 17 octobre 2014

Sous d’autres cieux (2)

1408e jour - Le voyage du jour, d’une certaine façon, est délocalisé. C’est ici, si ça vous chante, que vous pouvez le retrouver : Unidivers, le webzine culturel de Rennes.

Rappel : depuis la rentrée, tous les quinze jours, mon périple prend la forme d’une chronique le long d’un fil (presque) imaginaire : le 48e parallèle Nord (j’ai déjà visité Rajka en Hongrie ou Esquibien, Finistère ; je me prépare à passer par le sud de Munich ou l’Idaho)…

jeudi 16 octobre 2014

Le champ des possibles - Buenos Aires


1407e jour - Il s’appelle Tomas et est agent immobilier.
Il s’appelle Matias et travaille dans l’édition.
Ou alors Pablo, il est courtier.
Ou bien Javier et travaille dans la finance ; il exerce un métier qu’il pourrait cent fois essayer de m’expliquer sans que jamais je n’y comprenne rien.
Il s’appelle Mauro. Il est au chômage depuis deux ans déjà. Mais il essaye de faire bonne figure – personne ne pourrait imaginer, le croisant, dans quelle précarité il se trouve.
Il s’appelle Agustin, il est célibataire. Il est marié. Il concubine.
Il s’appelle Róman et il est en pleine procédure de divorce. Ou non, il vient de rencontrer l’amour.
Il s’appelle Nicolás et se sent aujourd'hui en pleine forme. Ou peut-être pas. Il ressent une légère gêne, une douleur dans la poitrine, côté droit. Il se rend chez le médecin. Il a peur, un peu, de ce que celui-ci va découvrir.

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mercredi 15 octobre 2014

AR-GEN-TI-NA - Buenos Aires





1406e jour - Des drapeaux étaient alignés les uns contre les autres sur les pages de garde du dictionnaire familial. Ils me fascinaient. Je passais des heures à les recopier. Avec application. Parmi mes préférés, à cause des couleurs, à cause du soleil placé en plein centre, il y avait celui de l’Argentine.
Je me souviens de cela me promenant dans Buenos Aires.

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mardi 14 octobre 2014

Promeneurs de chiens - Buenos Aires

1405e jour - Plus tard, ce soir-là, alors que je venais de la quitter depuis une heure à peine, elle m’a appelé parce qu’elle venait de se souvenir de promeneurs de chiens aperçus à Buenos Aires, c’était un truc qui l’avait marquée : des types avec des grappes de chiens tenus en laisse, des petits, des gros.
Toujours au téléphone, elle me demanda d’attendre une seconde, le temps d’ouvrir une page sur internet. Elle lut : Je me souviens encore de mon étonnement la première fois que je vis dans la rue une meute de chiens (une bonne quinzaine) tous tenus en laisse par un seul homme… En fait, il s'agissait de ce qu'on appelle ici un promeneur de chiens ou "paseador de perros"…
Elle ajouta : J'espère que tu auras l'occasion d'en voir.

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lundi 13 octobre 2014

Sur ses traces - Buenos Aires




1404e jour - À Buenos Aires, elle n’a passé qu’une dizaine de jours, dans un temps où nous ne nous connaissions pas encore. Dix jours, c’est peu. Et pourtant. Je ne saurais l’expliquer : la ville pour moi lui est définitivement liée. Alors, la veille de mon départ, je suis allé lui rendre visite. Je lui ai demandé de quoi elle se souvenait exactement – par exemple si elle avait pris les transports en commun – ou si elle pensait qu’elle aurait des repères, aujourd’hui, si elle se retrouvait parachutée dans la ville. J’ai posé mille questions, cherchant à sonder les traces en elle.
Elle m’a parlé de Colón, de la Confitería Ideal et d’autres salles où elle a dansé ou alors de cours donnés par je ne sais plus quel professeur illustre dans une maison située dans Cochabamba.
Mentalement, j’ai pris des notes qu’ensuite j’ai reporté dans un carnet.
Pour conclure, elle m’a dit : De la ville, finalement, je n’ai pas vu grand chose. Je suis restée dans “mon quartier”. Sinon, j’ai pris des taxis, je me suis faite conduire. Je n’ai jamais pris le métro.
Et l’océan ? L’océan, elle ne l’a vu que d’avion. À l’époque, dans sa vie, la danse tenait lieu d’essentiel.

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dimanche 12 octobre 2014

Dernières lignes (ou presque) - Paris

1403e jour - Je lis :
Après que la Gaumont a changé de main, Rassam va continuer de vivre de projets avortés en rendez-vous manqués, de pourparlers décourageants en trahisons prévisibles, dix années de naufrage entraînant les ravages physiques, le découragement moral, le mépris de tout et l’abandon du reste. Ne restera que la came qui deviendra sa dernière raison d’exister.
Jean-Pierre Rassam est retrouvé mort le 28 janvier 1985, au 6, avenue de La Motte-Picquet, à Paris, dans la maison de sa femme, Carole Bouquet, avec qui il a eu un enfant, Dimitri, alors âgé de trois ans.

Ce sont les dernières lignes (ou presque) de Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive, livre de Christophe Donner paru chez Grasset en 2014. Et parce qu’une adresse est mentionnée je ne résiste pas : je vais voir.


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samedi 11 octobre 2014

Et aussi - Phnom Penh







1402e jour - À chaque voyage, se multiplient les “et aussi”. Des fragments, des instants, par dizaines, par centaines. Chaque ville devient pour moi un grand miroitement d’éclats composites, d’images furtives, éphémères. Dans dix ans peut-être retomberai-je sur certaines de ces photos. Je chercherai à me souvenir – je ne suis pas sûr que tout revienne.

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vendredi 10 octobre 2014

Une forme de symétrie - Phnom Penh


1401e jour - Deux hommes assis sur leurs scooters. Ils sont habillés de sombre, ils ont la tête baissée. Mais alors que l’un est plongé dans la lecture des textes et des images qui défilent sur l’écran de son téléphone, l’autre se perd dans la contemplation de ses pieds.

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jeudi 9 octobre 2014

La fois où nous avons skypé - Phnom Penh





1400e jour - Nous avons skypé ce jour-là. Cela faisait deux, trois heures déjà que j’étais tout excité à l’idée de cet appel (j’avais l’impression d‘avoir tant à te dire).
Il faisait nuit depuis longtemps de mon côté. Chez toi, m’as-tu expliqué, les fenêtres étaient grandes ouvertes, tu étais en plein soleil. C’était l’été indien à Paris. Heureusement, as-tu aussitôt ajouté, parce que sinon je serais au trente-sixième dessous.
Manque de sommeil, accumulation des soucis… Tu étais épuisée. Tu en avais marre de tout. Et moi, de mon côté de l’écran, comme un imbécile, je me suis retrouvé désappointé (un peu déçu même). Parce que tout ce que je voulais, c’était te parler de ma journée et d’une fille que j’avais suivi la matinée entière sans oser au final l’aborder.
Je n’étais pas préparé à devoir trouver des mots pour te consoler. Je ne suis pas sûr d’avoir vraiment fait les efforts nécessaires. La conversation a tourné court.
Aujourd’hui, je me dis qu’il faudrait que je t’écrive pour te dire que je regrette.

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mercredi 8 octobre 2014

Une partie de football - Phnom Penh






1399e jour - Je n’ai pas réussi à comprendre qui exactement est en train de jouer mais peu importe après tout. Le stade est gigantesque en regard du nombre de spectateurs. J’accumule depuis une demi-heure déjà des allers-retours sur l’allée qui borde les plus hauts des gradins. J’observe le paysage alentour autant que le match (faible niveau technique, jeu brouillon de cour d’école). Une femme est assise dans les travées qui pas plus que moi ne semble s’intéresser vraiment à la partie. J’hésite à aller m’installer à ses côtés mais finalement ne le fais pas. Bref, il ne se passe pas grand chose et j’ai bien l’impression que c’est très bien ainsi.

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